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J'ai tant rêvé de toi

J'ai tant rêvé de toi
J'ai tant rêvé de toi d'Olivier et Patrick Poivre d'Arvor

L'histoire: Youki, 26 ans, est à Prague en ce mois de janvier 1995 pour y rencontrer le prix Nobel et poète tchèque Pavel Kampa. Elle fait une thèse sur Robert Desnos et c'est Kampa en mai 1945 qui a recueilli son dernier souffle à la sortie du camp de Terezin. En réalité ce n'est pas le poète qu'elle vient rencontrer mais son père supposé. Sa mère, journaliste, avant de mourir lui a avoué avoir eu une histoire d'amour avec lui quand elle était venue enquêter en 1968 sur l'insurrection étudiante. Et Youki, fragile, anorexique, nymphomane, à l'enfance dévastée par le manque paternel va découvrir en lieu du père un Casanova vieillissant doublé d'un imposteur...

Alors, alors... que dire de ce bouquin?
Youki m'est très proche. Difficile à lire, à dire, à exprimer. Je ne m'attendais pas à cette violence, cette froideur mais aussi cette fragilité. Je suis touchée par cette Youki rebelle, mangeuse d'homme, bouleversante.
J'ai aussi pu mieux découvrir Robert Desnos, ses poèmes.
Puis Prague, mon amour comme celui de Youki, de sa mère. Prague, qui a changé ma vie et changé la sienne.
"Je me sens d'ici, moi, qui n'ai jamais été de nulle part. Bonheur de l'évidence."













J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant
Et de baiser sur cette bouche la naissance
De la voix qui m'est chère?

J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués
En étreignant ton ombre
A se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
Au contour de ton corps, peut-être.
Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante
Et me gouverne depuis des jours et des années,
Je deviendrais une ombre sans doute.
O balances sentimentales.

J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps
Sans doute que je m'éveille.
Je dors debout, le corps exposé
A toutes les apparences de la vie
Et de l'amour et toi, la seule
qui compte aujourd'hui pour moi,
Je pourrais moins toucher ton front
Et tes lèvres que les premières lèvres
et le premier front venu.

J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé,
Couché avec ton fantôme
Qu'il ne me reste plus peut-être,
Et pourtant, qu'a être fantôme
Parmi les fantômes et plus ombre
Cent fois que l'ombre qui se promène
Et se promènera allègrement
Sur le cadran solaire de ta vie.

Robert Desnos



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# Posté le mercredi 24 juin 2009 10:43

Modifié le mercredi 24 juin 2009 10:55

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